25 août 2015

le Tadjikistan (1) arrivée au Pamir


 

 
 
vendredi 14 août  M41 vers S. Rapidement après avoir quitté Osh à 1000m d’altitude, cap vers le sud  dans la campagne où les femmes et les enfants brossent les tapis à l’eau du torrent sur la route, où un groupe de moutons entassés les uns sur les autres dorment (on contourne silencieusement)
 
 



On se trouve dans la vallée qui nous mène à la chaîne de l’Altaï Pamir ; quel choc cette barre de hautes montagnes enneigées qui surgissent brusquement à l’arrière-plan des collines couvertes d’herbes barbues légères : ça nous glace!


Forts de l’expérience d’autres balladeurs, on protège toutes nos conserves « ouverture rapide » pour qu’elles ne s’ouvrent pas en altitude. Nous avions également pensé à faire le plein de nourriture  fraîche parce que sur cette route : très peu de choses.

Samedi 15 nous partons tôt : le froid nous a réveillés efficacement. La belle chaîne enneigée a disparu. Sur notre chemin, nous voyons un homme qui commence déjà à ramasser le foin, tout seul dans l’immensité. Il a dormi sous une bâche tenue avec quelques piquets, fermée par une couverture…

La frontière kirghize RAS, puis 20 km de no man’s land. Nous croisons un  jeune couple de marcheurs français, nous leur proposons de les amener jusqu’à la frontière, ce sera non, mais ils prennent le temps de bavarder avec nous, échanger des infos, expliquer leurs expériences précédentes : 3e rando dans la région et d’autres encore. Ils respirent la quiétude sereine.

Quelques km plus loin, toujours dans le no man’s land, une Micra contenant 4 étudiants suisses et leurs bagages rejoignent eux-aussi le rallye vers la Mongolie (comme 2 conducteurs rencontrés à Osh dans des voitures de ville). Ils ignorent l’essentiel de la mécanique et semblent s’en désintéresser un peu mais ils savent qu’ils peuvent toujours compter sur des gens croisés pour les aider ! ils sont sympas, très amusants, on ne sait pas s’ils arriveront jusqu’au …début du rallye mais ils semblent avoir passer de très bons moments.

Encore quelques km, cette fois ce sont des petits enfants sortant d’une yourte qui nous proposent du lait,  du fromage, un repas,  dormir : excellente publicité que ces petits visages coquins. Ils demandent des stylos, on en distribue mais  on donne un porte-clés avec un petit ballon de foot au petit frère qui a l’âge d’Ea et de Daniel. Ses sœurs veulent lui faucher mais il se défend avec un grognement féroce.

Dernière rencontre, assez peu bavarde : des animaux qui seraient des descendants des moutons importés par Marco Polo.


 fin du no man’s land : qui porte donc bien mal son nom !

Le poste de la frontière tadjike se faisait autrefois dans une sorte d’énorme citerne aménagée…elle a été remplacé par des baraquements en ruine beaucoup moins attrayants.

Tout ce passe très amicalement ; 4 étapes obligées : à chaque fois le bureau leur sert de lieu de vie (réchaud, lit), à chaque fois on débourse, on ne comprend pas bien pourquoi des soms ou dollars en échange de formulaires avec tampon officiel; à chaque fois nous repartons avec poignées de mains, sourires, phrases de salut en français, anglais..avec le sentiment que c’est bien curieux tout ça.
Nous repartons avec notre Defender dont les roues ont été ...désinfectées. Ca change tout!

Nombreuses marmottes très visibles avec leur pelage roux.

Nous longeons pendant plusieurs km la frontière chinoise. Étonnant. Ca durera jusqu’à Murgab qui est un lieu stratégique commercial avec la Chine. Puis nous croiserons régulièrement des gros camions chinois avec remorque sur cette route qui ressemble trop souvent à une piste.

Nuit glaciale près du lac de Karakol après des annonces de pluie et des grands coups de tonnerre sur ce plateau. Quelle chance : le cadre est grandiose avec les changements de couleurs si rapides. Nous avons avancé très lentement mais tout est tellement magnifique et différent, et puis nous sommes à 4000 ! Justement…un petit mal des montagnes nous ennuie  depuis l’après-midi, on l’évacuera lentement : il suffit de redescendre et penser à boire souvent.

Le soir, le ciel redevient très dégagé et on admire l’immense voie lactée, aucun bruit alentour.

 

Lundi 17 : quelques 120 km pour dépasser le col Ak Baïtal de 4655m et déboucher sur Murgab en une journée entière.
Très peu d’occupation humaine – de quoi vivraient-ils ? , nous découvrons cependant le magnifique Mustagh Ata ( 7500m) qui se laisse photographier avec plaisir.




 







 

Murgab , 3500m  : quelle pauvre bourgade, capitale touristique de la région et du transport commercial vers la Chine. « Ses moustiques petits mais efficaces, ses dépôts d’ordure en pleine ville et alentours avec carcasse d’animaux morts, sa poussière de sable qui s’insinue partout ».

On dépanne 2 jeunes du coin qu’on tracte jusqu’à la ville, on retrouve au hasard à nouveau Isabelle et Didier qui nous donnent encore des conseils. Eux viennent de passer la frontière ce matin, ils ont bien ri en entendant notre récit « passage en douane ». Didier qui a l’habitude a payé ces taxes jusqu’à la 4eoù il a refusé, trop c’est trop a-t-il protesté. On le saura pour la prochaine fois.

Une scène amusante : en passant dans la ville, sur les gradins du terrain de sport une brochette de militaires tournent la tête vers nous au fur et à mesure de notre passage, plus tard  demi-tour: les mêmes militaires faisant le même ballet parfaitement syncro. Délicieux !, on pourrait vendre la vidéo à Land Rover.

Mardi 18 : nous étions mauvaise langue hier. Murgab est également une ville agréable avec ses maisons non plus comme au Kirghistan proche mais plutôt comme je l’imagine en Amérique latine : cubiques, blanches (parfois bleues) sans toit avec les poutres de toit légèrement apparentes.
Nous voyons assez souvent : une rue principale superbe, les rues adjacentes ressemblant aussitôt à des laisser pour compte.

Autour des fontaines de pauvres arbres tentent de pousser.

Beaucoup de personnes ici sont kirghizes et les hommes par leur chapeau en témoignent.

Dans le village tout proche, un cimetière intéressant où des tombes sont en forme de ruche ; 2 mosquées différentes mais belles : l’une dont le dôme est en forme de yourte. Eux, sont Tadjikes…

Direction aujourd’hui :  des peintures rupestres (encore !) avec les conseils d’orientation de Lonely…nous avons passé un moment magnifique d’abord sur la piste de 25 km serpentant sur le plateau à 4000m puis dans le massif pour chercher ces merveilles…mais pas de peintures, pourtant on s’est amusé à « écumer » tout ce qui pouvait ressembler à un abri sous roche. Nous regrettons encore le manque d’indications, mais pas du tout ce lieu magnifique : un très large plateau aride encadré d’un côté par des reliefs arrondis, teintés de rouge, brun, gris, de l’autre des sommets découpés, gris.

2 rencontres avec un Italien que nous recroiserons sans doute encore, sur sa moto et qui cherche quelqu’un pour rouler de concert: pas nous, nous roulons trop lentement pour lui.

Soir dans un endroit comme toujours sauvage à 3900 ; il fit moins froid mais quand même !!! Les moustiques cartonnent…bougie anti-moustique et 5/5 : ils ont rapidement compris

 

Mercredi 19 : le mal des montagnes a définitivement disparu. Suite de la M41 que nous devons quitter pour une piste parallèle empruntée donc par les camions qui eux non plus ne peuvent continuer sur la route principale. La piste est retapée par des ouvriers qu’on croise, les dangers sont indiqués par des cairns, mais les virages en épingle à cheveux, les descentes sur piste caillouteuse et défoncée empruntée par  des  camion avec remorque….où est le cameraman ?
 
 

L’avantage de cette piste c’est que la poussière informe longtemps à l’avance de l’arrivée d’un autre véhicule.
Tout ceci dans un environnement lunaire : pesant et fatigant.

Rencontre avec de nouveaux doux dingues qui partent en Mongolie en voiture de tourisme comme voyage de fin d’études. Ceux-là sont de Southampton. La Mongolie va devenir le Paris-Dakar des étudiants européens chanceux .

Nous terminons la journée couverts de sable, intérieur du Def compris, mais nous arrivons à la portion qui devient magnifique : la rivière Pamir se fraie un chemin entre les roches, s’élargit ; une végétation hésitante puis plus abondante s’installe sur un ou l’autre bord. Au loin le massif du Hindu Kuch  aux pics aigus, couverts de neige. Il sépare le Pakistan de l’Afghanistan.
Quel bonheur une douche dans ce cadre !

 
Nous précisons aux lecteurs de ce blog un peu stressés (bêêêhh) que nous avons donc longé la vallée de Wakhan -comme un nombre non négligeable de touristes qui se sont trouvés devant la M41 fermée- , cela a été une pure merveille, sans danger, ponctuée de fréquents check-points, où des familles laborieuses, semblent vivre de façon infiniment plus calme et harmonieuse que chez nous.


 

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Une belle Marmotte !! on dirait Tagada, mais en moins belle bien sur !

Unknown a dit…

Merci pour ces magnifiques photos... Les paysages font vraiment rêver ! Les commentaires retransrcrivent très bien, je pense, votre état d'esprit, les bons et les moins bons moments, les petits tracas quotidiens et nosu découvrons bien la vie de ces populations à travers vos récits.
Personnellement, j'aime beaucoup les cairns utilisés à la place des plots de la DDE... On peut sep laindre des hommes en orange chez nous (par exemple par temps de neige), mais on va relativiser !
Très sympa aussi les marmottes et les roues désinfectées... C'est important l'hygiène, y compris pour les roues !

Bisous. Guillaume.

Unknown a dit…

Et la marmotte met le chocolat (à 3.5 euros la tablette périmée) dans le papier d'alu ??

Didier et Nicole a dit…

Bravo ppour vos aventures que nous suions avec beaucoup d'intérêt !
Vos commentaires sont très vivants.

Anonyme a dit…

Le Mustagh Ata se laisse photographier avec plaisir... est-ce la photo juste en dessous du commentaire ? Je voudrais rêver à sept mille cinq ! Cela fait quoi de franchir un col si près du sommet du Mont-Blanc ? A part le mal des montagnes, bien sûr... Pas mal la signalisation de la route effondrée... surtout de nuit ! Merci pour ces longs commentaires, sachant qu'il y aurait certainement un livre à écrire pour chaque étape. 11 septembre (j'ai des difficultés à accéder à internet), journée de la Solidarité, je suis de tout coeur avec vous. @+ Bises et courage. Patrice

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